Comment anticiper et suivre les effets de la conjoncture qui varie chaque année ? Des entreprises se créent et se renforcent chaque année, alors que d’autres disparaissent. Elles sont pourtant toutes confrontées aux mêmes facteurs extérieurs et à la même conjoncture. Où est la différence ?
Maîtriser les résultats de son entreprise
Chaque année, Cerfrance Alliance Centre publie ses références économiques. On y retrouve, notamment, la mesure des risques financiers.
Exemple des exploitations agricoles et viticoles
La mesure s’appuie sur la combinaison de 3 critères :
Le ratio annuités + FF/produit brut, le taux d’endettement et le ratio Dettes à CT/actif circulant.
Pour chacun, on définit un seuil d’alerte et un seuil critique :
|
Critères : |
Annuités + FF Produit brut |
Taux d’endettement |
Dettes à CT Actif circulant |
| Niveau critique |
20 % |
80 % |
100 % |
| Seuil d’alerte |
15 % |
60 % |
50 % |
Le niveau de risque de l’exploitation est déterminé en fonction du niveau des critères :
- Les 3 ratios inférieurs au seuil d’alerte ? risque nul
- Les 3 ratios inférieurs au seuil critique ? moyen
- 1 ratio supérieur au seuil critique et 1 supérieur au seuil d’alerte ? élevé
- 1 ratio supérieur au seuil critique et 2 supérieurs au seuil d’alerte ? situation critique
On peut également faire cette approche pour les entreprises de l’artisanat ou du commerce. Les valeurs des ratios sont spécifiques à chaque activité.
Éclairer ses choix en situation de développement
La croissance et le développement d’une entreprise se sont d’abord des investissements. Le planning prévisionnel va donc mesurer l’équilibre entre investissements et financements en distinguant deux cas ; les investissements de renouvellement et les investissements du développement.
1. Financer un investissement
Pour ces derniers, logiquement, ils s’accompagnent d’une hausse de la marge, d’une « création de valeur » (EBE ou, au minimum, marge brute). Le tableau de financement prévisionnel vous aidera à définir la part de marge d’autofinancement disponible pour, soit :
- Autofinancer tout ou partie ;
- Couvrir une nouvelle échéance.
Si l’investissement programmé est un renouvellement, il devra être financé soit par des économies de charges courantes (baisse de l’entretien, baisse de certains achats de fluides, …), soit par la marge d’autofinancement, quand elle existe ou encore par une nouvelle annuité qui viendrait en remplacement de la fin d’un emprunt en cours.
2. Financer des dépenses du cycle d’exploitation
Le développement c’est aussi parfois une embauche ou des achats de matières premières. Un budget de trésorerie mensuelle viendra éclairer la décision ; cela peut prendre un peu de temps pour son élaboration. Mais, pour prendre une décision rapide, vous pouvez vous baser sur les résultats de l’année et effectuer une projection prudente et raisonnable. L’essentiel est de pouvoir répondre à cette question « je peux ou je ne peux pas ? ».
Les indicateurs et des ratios issus du compte de résultats et du bilan permettent d’appuyer la décision.
En les combinant, on va dessiner les contours et fixer les limites de ce que l’entreprise peut, sans risque inconsidéré, investir dans son développement et sa croissance.
Les conseillers d’entreprise sont formés à cette approche ; ils s’appuient sur une solide expérience et des référentiels composés d’échantillons d’entreprise de votre secteur d’activité.
Appréhender en pleine connaissance de cause un situation difficile
Face à des difficultés, la tentation est grande de se replier en attendant que cela aille mieux. Par expérience, nous savons que cela peut aggraver les conséquences.
Au contraire, dès la première difficulté, il faut agir vite. Il faut se servir des indicateurs économiques et financiers pour anticiper. Comme au volant d’une voiture, il ne faut jamais ignorer un voyant qui passe « orange ». D’ailleurs, les difficultés se « lisent » et s’appréhendent dans des ratios et indicateurs et leur évolution. La dégradation des performances peut aller très vite alors qu’un rétablissement prendra beaucoup plus de temps.
Le maître mot, anticiper !
Paradoxalement, il est plus difficile de se porter vers l’avenir quand on rencontre des difficultés, mais cela s’explique. Alors que c’est la meilleure attitude. En effet, il vaut mieux éviter d’en arriver aux solutions judiciaires alors qu’une conciliation ou un règlement amiable c’est déjà anticiper. Garder les rênes de votre entreprise, ne subissez pas !
(*) Source : « Références économiques agricoles – 2021 – Ferme Eure-et-Loir », Cerfrance Alliance Centre, janvier 2021.






