Le 10 février 2026, Serge Papin, ministre chargé des PME, a présenté une nouvelle étape de la politique publique de prévention des défaillances d’entreprises à l’occasion du lancement de la Charte de confiance pour renforcer l’anticipation, l’accompagnement et la prévention des difficultés des entreprises.
Ce discours marque un tournant : l’État veut passer d’une logique de traitement des défaillances à une logique de détection et d’intervention précoces.
Contexte : une hausse durable des défaillances d’entreprises
Le ministre a rappelé que 68 296 entreprises ont connu une défaillance en 2025, selon les données de la Banque de France. Même si ce chiffre doit être relativisé par un niveau élevé de créations d’entreprises, il constitue un signal d’alerte pour les pouvoirs publics et les acteurs de l’accompagnement.
Les secteurs les plus touchés sont :
- L’agriculture,
- Les services à la personne,
- L’hébergement et restauration.
Dans ce contexte, le gouvernement a retenu un principe simple : la prévention devient le mot d’ordre de la politique économique à destination des PME.
La Charte de confiance : une mobilisation collective inédite
Le cœur du discours est le lancement officiel d’une charte réunissant les principaux acteurs de l’écosystème entrepreneurial :
- Banque de France,
- Médiation du crédit,
- Médiateur des entreprises,
- Organisations patronales et réseaux d’accompagnement.
L’objectif est de formaliser des engagements communs pour détecter plus tôt les difficultés, orienter rapidement les entreprises vers les bons dispositifs, améliorer la coordination entre les intervenants.
Même si le discours reste stratégique, plusieurs actions opérationnelles ont été annoncées ou confirmées.
Ce que cela change pour les dirigeants de PME
Pour les chefs d’entreprise, le message est double : les pouvoirs publics seront plus proactifs, ils pourront prendre contact en amont.
La responsabilité du pilotage financier reste centrale : la prévention ne peut fonctionner que si l’entreprise dispose d’indicateurs fiables et actualisés.
Le discours insiste sur un point important : le dirigeant en difficulté n’est pas toujours en mesure de prendre seul le recul nécessaire, d’où le rôle accru des tiers de confiance.
Plan d’action recommandé pour les PME
À la lumière du discours et des engagements publics, plusieurs actions peuvent être recommandées aux entreprises :
Mettre en place un pilotage financier mensuel
- Suivi de trésorerie à 6 ou 12 mois,
- Analyse régulière du BFR,
- Suivi des délais clients et fournisseurs.
- Formaliser des seuils d’alerte
Exemples :
- Trésorerie < 2 mois de charges fixes,
- Retards de paiement récurrents,
- Dépendance excessive à un client.
Identifier en amont les dispositifs mobilisables
Les dirigeants devraient connaître :
- La médiation du crédit,
- Les procédures amiables,
- Les dispositifs d’étalement des dettes sociales et fiscales.
Conclusion
Ains, le discours de Serge Papin ne se limite pas à l’annonce d’une charte. Il traduit une volonté de transformer en profondeur la manière dont les difficultés des entreprises sont détectées et traitées en France.
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