La gestion de trésorerie est un équilibre souvent remis en cause, notamment, par les aléas économiques. Découvert, compte sur livret, dépôt à terme, stocks de matières ou de pièces, créances clients ou dettes fournisseurs, report de dettes sociales ou exonérations temporaires, …
Apprendre à les contrôler, c’est piloter la trésorerie de son entreprise.
Le cycle d’exploitation
Le cycle d’exploitation peut être résumé par le temps moyen qui sépare les premières dépenses (pour un chantier ou une commande) et le règlement complet par le client. Cela s’exprime en jours et bien sûr en argent.
Les comptables et les financiers appellent cela le « BFR » ou Besoin en Fonds de Roulement. Pour faire simple, c’est la somme dont vous devez disposer, quelle que soit sa forme (disponible ou stock) pour rester autonome.
Dans un cycle court, le commerce par exemple, on encaisse les ventes parfois avant d’avoir réglé ses fournisseurs. Le BFR est faible. Un cycle long se rencontre dans les activités de production de « vivant », en agriculture, viticulture et dans l’industrie. On encaisse les recettes plusieurs mois après avoir réglé les dépenses de production.
Estimer les besoins de trésorerie du cycle
Rappelons pour mémoire quelques principes de base. Le premier est celui de l’autonomie financière. Quand on peut épargner, on peut emprunter… Emprunter repose sur sa capacité de remboursement, de sa marge et donc de la rentabilité globale.
Second principe, suivre. Pour estimer ses besoins de trésorerie, on fait la différence entre dépenses et recettes TTC, en les positionnant mois par mois. En effet, la TVA est autant une recette qu’une dépense de trésorerie.
Les dépenses et recettes figureront dans un tableau mensuel, un plan de trésorerie, qui fera apparaître le solde mensuel et le solde cumulé fin de mois.

Avec ce tableau de bord, vous allez visualiser les « pics » et les « creux » de trésorerie. Cela va permettre d’anticiper les conséquences de tous les événements courants qui affectent la trésorerie :
- Impayés ou retards ;
- Aspect saisonnier de votre activité ;
- Hausse des tarifs des fournitures ou de l’énergie ;
- Croissance rapide de l’activité qui entraîne une hausse du BFR ;
- …
Les différents modes de financement
Les banques proposent de nombreuses solutions pour financer les besoins du cycle d’exploitation. Les plus courantes sont la facilité de caisse et le découvert autorisé. Leur montant est négocié avec le banquier. Les intérêts sont calculés sur le montant utilisé.
ATTENTION : en cas de dépassement du plafond, vous devrez vous acquitter de frais supplémentaires.
Le découvert autorisé est généralement octroyé pour 1 an, souvent reconductible.
La facilité de caisse répond généralement à un besoin ponctuel, sur une période plus courte. Par exemple pour financer un brusque accroissement de l’activité.
Viennent ensuite les crédits de campagne, pour les activités saisonnières du commerce ou de l’hébergement par exemple.
Les entreprises ayant des volumes importants de créances peuvent étudier les formes de refinancement que sont affacturage, Dailly et escompte. Leur point commun est de libérer de la trésorerie garantie par vos créances clients.
Que faire quand l’entreprise se porte bien mais la trésorerie est tendue ?
Avant de solliciter le banquier, il est indispensable de faire rentrer l’argent de vos factures. Examinez avec soin chaque facture client, les conditions de l’affaire conclue et relancez par téléphone, d’abord. Dressez la liste des créances dans lequel les dates d’acomptes et de facture apparaîtront. C’est ce que l’on appelle une « balance âgée ». Elle vous permettra de déclencher les relances à bon escient.
Placer sa trésorerie
Le banquier saura vous proposer des solutions pour placer les excédents de trésorerie. Mais, analysez avec soin chaque situation ; si le rythme de votre activité est très court, pourquoi ne pas « placer votre trésorerie » dans des stocks ? Cela prend tout son sens actuellement, face à l’inflation et à l’augmentation exponentielle de certaines matières premières.
La meilleure solution « tenir ses comptes » …
Quoi qu’il en soit, vous devrez parfois arbitrer en permanence les besoins de trésorerie de l’activité. Le seul outil est donc le suivi de trésorerie qui peut être ajusté, a minima, une fois par mois. Intégrez avec soin le rythme de décaissement et de récupération de la TVA, en fonction du régime que vous aurez choisi. En général, dans le commerce, on opte pour une TVA mensuelle, alors que la TVA trimestrielle est plus adaptée aux activités de l’artisanat du bâtiment.
Suivre ses encaissements au regard de la TVA est aussi important pour celui qui a choisi pour démarrer, le régime de la micro-entreprise. En effet, en dessous de 34 400 € (1), il bénéficie de la franchise de TVA, mais au-delà, il sera redevable de la TVA dès le 1e jour du mois de dépassement.
… Et ne pas attendre que le banquier vous appelle !
Gérer la trésorerie reste donc un exercice délicat, sans cesse remis en cause par des aléas extérieurs. Il est alors nécessaire de prendre conseil pour optimiser cette gestion et anticiper ses besoins financiers.
Vigilance en effet. Même avec un cycle court, une entreprise ne doit pas ignorer la rentabilité de ses activités ! Il est confortable d’avoir des rentrées régulières pour payer ses charges, mais si on travaille en dessous de son prix de revient, on accélère le phénomène de dégradation.
L’aisance et la bonne tenue de votre compte courant ne sont pas les seuls indicateurs et, une fois encore, même en période de croissance, on peut vite se trouver en difficultés.
Mais ceci est une autre histoire.
(1) Seuil d’application de la franchise en base de TVA pour les prestations de services ; tolérance jusqu’à 35 600 €. Ces seuils sont de 85 800 et 94 300 €, en 2022, pour les activités de commerce. Lire aussi sur impôts.gouv.fr,






