Tout savoir sur la Loi de finances 2026

25 février 2026 | Fiscalité

La Loi de finances 2026 a connu un parcours législatif complexe, marqué par des recours à l’article 49.3 et des débats très vifs au Parlement. Elle a été publiée au Journal Officiel du 20 février 2026 après avoir été validée pour l’essentiel par le Conseil constitutionnel, qui n’a censuré qu’un petit nombre de dispositions sans remettre en cause les mesures fiscales clés.

L’objectif général affiché par le Gouvernement est de réduire le déficit public notamment par un renforcement des recettes fiscales auprès des contribuables les plus aisés et une maîtrise des dépenses de l’État. Les principales mesures sont les suivantes.

Concernant la fiscalité des particuliers

Impôt sur le revenu (IR)

Comme chaque année la Loi de Finances opère la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu ainsi le barème progressif est indexé sur l’inflation (+ 0,9 %). Cela permet de neutraliser l’effet de la hausse des prix sur l’imposition des ménages.

Contribution sur les hauts revenus

L’article 2 reconduit la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Il vise à garantir un taux d’imposition minimum de 20 % pour les foyers aisés (au-delà de 250 000 € pour une personne seule, 500 000 € pour un couple) tant que le déficit public n’est pas inférieur à 3 % du PIB. À ne pas confondre avec la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) qui s’ajoute à l’impôt sur le revenu des personnes percevant des revenus élevés.

Patrimoine et taxation

La Loi de finances 2026 introduit une taxe sur les holdings patrimoniale. Cette taxe qui a connu un très fort écho médiatique, a finalement une portée très réduite dans sa version définitive. Elle institue un taux de 20 % sur certains biens « somptuaires » non liés à une activité économique (yachts, véhicules de collection, bijoux, etc.) pour les holdings détenues par des personnes physiques avec un seuil de patrimoine minimal.

Parallèlement le dispositif Dutreil-transmission est aménagé par l’exclusion des actifs somptuaires (logement non professionnel, objets d’art, etc.) de l’assiette exonérée à 75 %, et par l’allongement de la durée d’engagement de conservation des titres de 4 à 6 ans.

Dons et réductions

Doublement du plafond de la réduction d’impôt « Coluche », passant de 1 000 € à 2 000 € pour les dons aux organismes d’intérêt général avec 75 % de réduction. Par ailleurs, pour l’année 2026, le taux est porté également à 75% dans la limite de 1000 € pour les dons affectés à la restauration du Domaine de Chambord.

Revenus Fonciers

La loi de finances 2026 institue un nouveau cadre fiscal pour les investisseurs locatifs privés ou bailleurs privés. Ce nouveau dispositif permet un amortissement annuel de la valeur du bien (hors terrain) et une déduction plus large des charges réelles. Ce nouveau régime sera applicable sous un certain nombre de conditions notamment s’engager sur une durée de location et respecter des plafonds de loyers/ressources.

Par ailleurs, le doublement du plafond, du déficit foncier imputable sur le revenu global, pour les travaux thermiques est prorogé et étendu pour les dépenses payés jusqu’au 31 décembre 2027.

De plus, la publication de la loi de finances 2026 permet la réouverture de guichets fiscaux et aides (MaPrimeRénov’, aides au logement) suspendus faute de budget en début d’année.

Concernant la Fiscalité des entreprises

Impôt sur les bénéfices

Prorogation de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (mesure introduite en 2025) pour 2026, avec ajustements éventuels selon les modalités prévues.

Facture électronique et conformité

Dans le cadre de la mise en place prochaine des obligations liées à la facture électronique à compter du 1er octobre 2026, les sanctions sont renforcées en cas de non-respect du dispositif de facturation électronique obligatoire ou de défaut de désignation d’une plateforme agréée pour la réception des factures.

Prorogation de plusieurs dispositifs

Plusieurs dispositifs fiscaux sont prorogés, notons particulièrement la prorogation du crédit d’impôt pour investissement dans l’industrie verte (C3IV) jusqu’en 2028, avec ajustements pour le cadre européen ou du régime temporaire de déductibilité des amortissements des fonds commerciaux jusqu’au 31/12/2029.

Concomitamment, des dispositifs fiscaux sont supprimés tel que le crédit d’impôt pour la formation du chef d’entreprise.

Concernant la Fiscalité des entreprises agricoles

La loi de finances 2026 contient plusieurs mesures fiscales ciblées visant à soutenir l’activité agricole.

Des dispositifs fiscaux prorogées

Citons la reconduction de la déduction pour épargne de précaution (DEP) jusqu’à fin 2028, permettant aux exploitants agricoles d’anticiper des aléas économiques.

Mais également, la prorogation du crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique et du crédit d’impôt pour certification HVE.

Nouveaux crédits d’impôt

La loi de finances 2026 instaure deux nouveaux crédits d’impôt :

  • Crédit d’impôt pour dépenses de mécanisation collective (CUMA), plafonné selon les catégories d’exploitations,
  • Extension de crédits d’impôt pour certaines dépenses spécifiques, notamment pour les exploitants agricoles maires.

Un régime d’exonération est également créé pour les indemnités perçues dans le cas d’abattage de certains animaux.

Mesures budgétaires

Bien que budgétaires plutôt que fiscales, une enveloppe de plus de 300 M€ pour des plans d’urgence agricole (aide à l’arrachage viticole, fonds hydraulique, soutien aux éleveurs, etc.) est rattachée à la loi de finances 2026, renforçant l’impact du texte sur le monde agricole.

Conclusion

Ainsi, la Loi de finances pour 2026 repose sur un équilibre délicat entre maintien du pouvoir d’achat des ménages, mesures fiscales ciblées pour les entreprises, et soutien au secteur agricole. Tout en contribuant à l’effort de maîtrise du déficit public. Les dispositions validées par le Conseil constitutionnel dessinent une fiscalité 2026 marquée par des ajustements importants pour les contribuables aisés, des dispositifs de soutien ciblés, et des mesures de simplification ou renforcement des règles fiscales applicables aux entreprises.

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