Quand on en arrive à devoir gérer un conflit entre des associés, c’est bien souvent que la situation est très dégradée.
Avant d’en arriver là, si on prenait le problème autrement ? Si on se posait la question ainsi :
“Qu’est-ce qui pourrait faire “exploser” ma société ? Quelles seraient les raisons d’une mésentente profonde avec mon associé ?”
En d’autres termes, qu’est-ce qui pourrait remettre en cause l’entreprise avec mon ou mes associé(e)s ?
Les décisions se prennent en accord avec tous les associés
Dans une société, il peut y avoir des associés “exploitants” et des associés “apporteurs de capitaux”. Ne pas les consulter peut facilement aboutir à un sentiment de ne pas avoir “droit au chapitre”.
Pour une AG (ordinaire ou, a fortiori, extraordinaire), il faut s’astreindre à un minimum de formalisme. Convoquez tous les associés par voie écrite (ou mail s’ils en ont exprimé le souhait).
Exemple :
Dans une société d’exploitation, lors d’une AG, un des associés, non exploitant, a reproché à son frère de ne pas l’avoir convoqué. En fait l’invitation ayant été faite oralement, le frère avait oublié de noter la date et n’avait donc pas pu assister.
A ce stade, le reproche révèle souvent quelque chose de plus profond, voire même un ressenti parfois ancien.
Pour modifier l’activité (nouveau produit, nouveau service, nouvelle culture, …), il convient d’en discuter avec tous les associés. Même les parents s’ils ont encore une forte influence, et surtout s’ils pensent avoir encore “leur mot à dire”, ou s’ils vous ont consenti un prêt familial.
En effet, il y a le cadre juridique de la société (ce que vous pouvez faire seul ou avec les associés), mais il y a aussi le cadre “humain”. Le sous-estimer est parfois une grave erreur.
Expliquer les décisions pour éviter l’incompréhension
Une année de moins bons résultats peut déclencher un ressentiment fort de la part du ou des associés, surtout chez les associés non-exploitants. Vous ne devez pas non plus ignorer l’influence des conjoints.
Exemple :
Quand la charge de travail d’un associé commence à peser sur la vie de famille et de couple, le conjoint de votre associé peut lui reprocher de travailler beaucoup, voire même de “se faire avoir” ! Véridique.
Si les ressources du conjoint de votre associé sont supérieures aux siennes et que la situation financière du couple est tendue, ATTENTION, il y a risque de tensions.
C’est la même chose pour les investissements ou les décisions de travaux dans le local professionnel. Étudiez, préparez, chiffrez et expliquez. Il faut accepter de passer du temps sur des décisions qui auront un impact sur les résultats ou sur le rythme de travail.
Faites la chasse aux “non-dits”
Dans une société, un des associés prend généralement le leadership. Tous ne vont pas à la même vitesse, tous n’ont pas la même capacité à se projeter. Mais, au nom d’une certaine idée de la « paix des ménages« , tel ou tel associé va préférer se mettre en retrait, quitte à ne pas exprimer le fond de sa pensée.
Exemple :
Combien de fois avons-nous entendu en fin de réunion, “Bon, on est d’accord ? Alors on y va”… Alors que certains semblaient encore en pleine réflexion sur le choix de l’investissement proposé.
Autre exemple :
Changer de fournisseur sur un coup de tête, parce que l’on juge uniquement sur le prix proposé. Mais c’est ignorer quelques fois qu’il existe peut-être une relation ancienne entre votre associé et le fournisseur. Et que ledit fournisseur a su vous dépanner une année quand vous étiez dans le besoin. ATTENTION, votre associé peut appréhender la réaction de ce fournisseur.
Demander l’avis de tous, chacun doit pouvoir s’exprimer
En dehors des AG qui entérinent les résultats, il y a les décisions qui se prennent toute l’année. Comment les prenez-vous ? Combien de temps passez-vous à expliquer votre idée à votre associé ? Acceptez-vous d’être remis en question par lui ?
Quoi qu’il en soit tous les associés doivent être consultés sur ces choix. Prenez le soin de transmettre à chacun les devis, fiches techniques, …
Quand “on se marche sur les pieds” et que les rôles entre les associés ne sont pas bien définis
Les salariés le sentiront plus vite que vous… Si vous avez convenu d’une répartition du travail et que vous intervenez dans le domaine de votre associé, ATTENTION.
Exemple :
Dans une société d’exploitation, il peut y avoir celui ou celle qui a toutes les compétences pour la production, et celui ou celle qui a des aptitudes pour la relation avec les clients. Si vous décidez que le management dépend de cette répartition des rôles, alors il faut vous y tenir. Sinon, RISQUE de contredire votre associé(e).
Avant d’en arriver au conflit, sachez vous faire accompagner pour repérer les zones de tension
Bien sûr, tous les motifs de friction n’ont pas la même importance à vos yeux, comme à ceux de vos associés. Ce qui vous paraît “futile” peut au contraire ne pas l’être pour lui ou elle. Les horaires de travail, le fait de rentrer chez soi avec un véhicule de l’entreprise, le sentiment d’être moins bien considéré, … Tout peut aboutir, avec le temps, à une mésentente. Le risque ultime est de mettre « en panne » la société, de figer les décisions, de créer des contradictions, de voir baisser la motivation, de générer des retards, des surcoûts, de voir baisser la productivité, … Et au final, remettre en cause tout votre projet d’entreprise.






