La retraite progressive consiste à percevoir une partie des retraites de base et complémentaire tout en poursuivant son activité professionnelle à temps partiel. Découvrez tout ce dont vous devez savoir sur la retraite progressive.
Qui peut bénéficier de la retraite progressive ?
Tout d’abord, sont concernés les assurés – salariés (et les assimilés salariés) relevant du régime général ou du régime agricole.
Les fonctionnaires et non-salariés des professions industrielles, commerciales, artisanales, libérales et agricoles peuvent aussi en bénéficier, sous certaines conditions (revenus et/ou durée de travail).
Quelles sont les conditions pour bénéficier d’une retraite progressive ?
Âge – Trimestre : Décret 2025-681 du 15 juillet 2025 (JO 23)
Dès le 1er septembre 2025, tous les assurés (salariés du secteur privé, salariés et non-salariés agricoles, professions libérales, avocats) totalisant 150 trimestres pourront demander une retraite progressive dès l’âge de 60 ans, quelle que soit leur année de naissance.
Cette nouveauté concerne, également, le régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Durée d’activité ou de revenus
Exercer une activité salariée ou non salariée à temps partiel (ou à temps réduit par rapport à la durée légale ou conventionnelle de travail exprimée en jours ou en demi-journées) comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet.
Quelles démarches accomplir pour demander la retraite progressive ?
Auprès de l’employeur
Le salarié doit adresser sa demande à l’employeur au moins 2 mois à l’avance par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) en précisant la durée du travail à temps partiel ou à temps réduit souhaitée et la date envisagée pour sa mise en œuvre.
L’employeur doit répondre par LRAR dans les 2 mois à compter de la réception de la demande. À défaut, l’accord de l’employeur est réputé acquis. Seule l’incompatibilité de la durée de travail souhaitée par le salarié avec l’activité économique de l’entreprise peut fonder un refus de l’employeur (un projet de loi prévoit d’imposer à l’employeur de fournir des justifications).
Auprès de la caisse
L’assuré doit adresser sa demande à sa caisse d’affiliation (formulaire commun à tous les régimes) 4 à 5 mois avant la date choisie comme point de départ de la retraite progressive, accompagné des documents suivants, notamment :
- S’il est soumis à une durée du travail :
- Le ou les contrat(s) de travail à temps partiel ou à temps réduit,
- Une déclaration sur l’honneur attestant qu’il n’exerce plus aucune autre activité professionnelle,
- Les bulletins de salaire des 12 mois civils précédant la date de dépôt de la demande,
- Une attestation de l’employeur (sauf particuliers employeurs) faisant apparaître la durée du travail à temps complet ou la durée maximale de travail exprimée en jours dans l’entreprise.
- S’il n’est pas soumis à une durée de travail :
- Une déclaration sur l’honneur attestant qu’il n’exerce qu’une seule activité, accompagnée de tout document justificatif,
- Les déclarations fiscales des revenus des 5 ans précédant sa demande.
Quel est le montant de la retraite progressive du salarié ?
L’admission en retraite progressive entraîne le calcul provisoire de la pension de retraite en fonction des droits acquis au moment de la demande.
L’assuré perçoit une fraction de sa pension de retraite (ou des pensions résultant d’activités diverses) qui varie en fonction de sa durée de travail à temps partiel par rapport à la durée de l’activité à temps complet applicable à l’entreprise.
Par exemple : un temps partiel à 60 % donne droit à 40 % du montant de la retraite provisoire.
La même fraction de pension est accordée par les éventuels autres régimes de retraite de base.
Révision de la retraite progressive
Le montant de la retraite progressive est révisé en cas de modification du temps de travail.
Suspension ou suppression de la retraite progressive
En cas de modification de la durée de travail, sans respecter les limites de durée minimum et maximum de temps partiel (entre 40 % et 80 % d’un temps complet) ou de cessation de toute activité à temps partiel, la retraite progressive sera suspendue voire supprimée.
La retraite progressive est supprimée en cas de demande de retraite définitive.
Quel intérêt ?
La retraite progressive est une excellente façon de se préparer à l’arrêt total d’activité avec une perte de revenu limitée.
Quels points de vigilance ?
La fraction de pension qui est versée peut ne pas couvrir entièrement la baisse de revenus causée par le passage à un travail à temps partiel.
Par ailleurs, il peut exister un risque de ne pas valider 4 trimestres par an.
Aussi, la retraite progressive entraîne une cotisation moindre pour la retraite complémentaire. Sous réserve de l’accord de l’employeur, il est possible de cotiser pour la retraite sur la base du salaire à temps plein pour l’activité à temps partiel, ce qui permet d’obtenir une retraite d’un montant identique à celui perçu en travaillant à temps plein.
Quelle pension lors du départ en retraite définitive ?
La pension de retraite de l’assuré est calculée en tenant compte des trimestres et des droits acquis tout au long de la carrière, incluant la période de retraite progressive, tous régimes confondus.
Le montant de la retraite définitive ne peut être inférieur au montant de la retraite progressive.
Conclusion
En résumé, la retraite progressive constitue une solution idéale pour ceux qui souhaitent alléger leur rythme de travail tout en commençant à percevoir une partie de leur pension.
Elle offre à la fois :
- Une transition en douceur entre vie active et retraite complète,
- La possibilité de cumuler revenus d’activité et pension,
- L’opportunité de continuer à améliorer ses droits futurs.
L’essentiel à retenir : la retraite progressive doit être anticipée et validée avec son employeur, car elle repose sur un temps partiel encadré. Pour sécuriser sa démarche et maximiser ses droits, il est recommandé de se faire accompagner par un expert-comptable ou un conseiller retraite.
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